Une enfance en Algérie,
des études de lettres classiques puis d'ethnologie en Lorraine et
à Paris, de nombreux séjours parmi les Indiens d'Amérique
Latine, d'où elle rapporte une thèse sur l'organisation d'une
communauté indienne des Andes du Pérou (Institut d'Etudes
Andines, Lima et Université Paris V) et une étude sur une
révolte paysanne mexicaine au siècle dernier (mission CNRS),
un séjour de deux ans en Algérie où elle enseigne
la Sociologie (Ecole Polytechnique d'Architecture et d'Urbanisme d'Alger),
puis le choix d'un lieu pour, enfin, se poser, vivre en famille et travailler
: le Limousin... Depuis
bien longtemps, Marie-France Houdart est attirée par les sociétés
et la vie rurales et intéressée par leur évolution.
En 1980, à
une époque où l'on ne parle guère de maisons en bois
mais où l'on commence à se demander que faire du bois de
toutes ces jeunes forêts plantées en Limousin, délaissant
quelque peu l'ethnologie pour mieux la retrouver, avec son mari Thierry
Houdart, Ingénieur du Bois, elle crée à Lamazière-Basse,
en Corrèze, "Les Bois de la Combe Noire", une entreprise
artisanale de construction de maisons en bois bruts, des "fustes" (des
maisons faites en "fûts"). C'était faire oeuvre de pionniers.
Mais les "maisons
en rondins de la Combe Noire", acquièrent bientôt un grand
renom dans toute la France et l'exemple fait des émules. Pour répondre
à une demande croissante, et après bientôt 20 ans d'expérience,
Thierry et Marie-France Houdart créent alors une
association pour initier tous ceux qui le souhaitent (amateurs ou professionnels)
à l'"art de la fuste", une technique artisanale de construction
parfaitement adaptée à l'utilisation des bois de pays de
la forêt française (pour laquelle on cherche tellement de
débouchés).
Les moyens de cette
formation : des stages, des rencontres et des livres techniques.... Dans
cette tâche, Marie-F., outre le travail "de bureau", se charge de
mener des recherches sur l'utilisation du bois dans l'habitat de la préhistoire
à nos jours, en France et en Europe, et dans le monde entier, une
autre manière de s'intéresser encore aux sociétés
paysannes, à celles d'Europe et d'Europe Centrale tout particulièrement
et d'établir entre elles maintes comparaisons éclairantes.Passionnée
depuis toujours par le domaine du "livre", elle décide de mettre
en page elle-même les ouvrages écrits en collaboration avec
son mari et s'initie pour se faire à la PAO : une façon de
maîtriser, de l'écriture à la maquette finale, la naissance
d'un livre. Entretemps, la vie quotidienne, le travail, les rencontres,
les lectures... l'amènent à se poser de nombreuses questions
sur ce pays où elle vit,
le Limousin, un pays d'émigration,
qui ne fait pas toujours la part belle à ceux qui viennent d'ailleurs,
des questions auxquelles elle ne parvient pas à trouver de réponses.
Ecrire un livre sur l'histoire et les traditions des paysans du Limousin
lui paraît alors comme la meilleure façon d'essayer de mieux
comprendre ce pays.
Refusant les a
priori et les idées toutes faites, il a fallu véritablement
mener l'enquête d'un oeil neuf, en partant de la base, la préhistoire,
et tenter de découvrir à travers toutes les époques
et dans toutes les disciplines (histoire, mais aussi géographie,
géologie, économie, sociologie...), des indices, des pistes
d'explication, en faisant des allers-retours constant d'hier à aujourd'hui
et d'aujourd'hui à hier.
Le
plan de l'ouvrage, l'histoire d'abord, la vie quotidienne ensuite,
aurait pu ressembler à deux tiroirs superposés : travaillées
en même temps, se renvoyant l'une l'autre, les deux parties de ce
livre s'enrichissent et se répondent.
Enfin, quelques
années plus tard, tentée de mettre à profit son expérience
de la mise en page, l'auteur a repris à son compte un texte qui
avait été très apprécié mais qui se
voyait condamné, après épuisement du premier tirage,
par la disparition de son éditeur.
Ce fut pour elle
un véritable plaisir (un plaisir que peuvent rarement éprouver
les auteurs eux-mêmes, mais que les moyens actuels de PAO tendent
pourtant à mettre à la portée de tous ou presque)
de prolonger l'intention mise dans l'écrit par le choix de l'image,
de la graphie, du dessin, de leur disposition autour du texte, principal
personnage..., bref par une véritable "mise en scène" de
la page pour mieux raconter l'histoire.
